Les enjeux de la mobilité urbaine

Repenser les espaces urbains

En 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville.  

Le mot ville laisse place peu à peu à  la notion d’espace urbain, où le citadin est replacé au centre et dans lequel la mobilité doit s’adapter.

Avec l’émergence des métropoles, ce qui importe est le temps de transport plus que la distance du trajet. Et avec un espace urbain qui se dilate, la constante de Zahavi s’avère pertinente, du moins dans les pays occidentaux. La conjecture de Zahavi tend à montrer que ce n’est pas le temps passé pour la mobilité qui diminue mais la distance parcourue qui augmente.

Afin de répondre aux enjeux de la mobilité pour les citadins qui la vivent au quotidien, il faut informer les décideurs et les concepteurs d’infrastructures de transports. Cela commence par le recueil des attentes des citadins concernant divers critères : durée, prix, confort ou encore impact environnemental. Il s’agit également de créer des outils de modélisation afin d’anticiper de manière plus optimale les futures évolutions.

40 % des citadins estiment que les conditions de transport et de déplacement sont prioritaires, devant la sécurité et l’emploi. C’est donc un enjeu de taille.

L’accessibilité pour tous

La conception des transports urbains doit avant tout prendre en compte l’accessibilité des différents lieux de vie. Cela signifie permettre à l’ensemble de la population de se déplacer facilement d’un endroit à l’autre de la ville, peu importe le point de départ et le niveau de motricité, ainsi que disposer des mêmes modes de transports et des mêmes infrastructures. Si cette accessibilité n’est pas équitable, alors elle devient génératrice d’exclusion.

Être mobile s’avère aujourd’hui indispensable et s’impose à nous. Ainsi, alors que l’étalement urbain a considérablement progressé, augmentant les distances domicile-travail, la restriction de la mobilité urbaine peut amener au risque d’une ville à deux vitesses.

82 % des citadins déclarent que la rapidité est le critère le plus important devant le confort ou l’impact environnemental. 57 % d’entre eux pensent qu’une garantie du temps de déplacement serait le signe d’une mobilité urbaine plus fluide. Les besoins de déplacement se multipliant et les rythmes s’accélérant, le temps consacré aux déplacements doit être certifié. L’automobile répond d’ailleurs de moins en moins à cette exigence.

Enfin, selon une récente expérimentation, plus une entreprise se situe dans une zone accessible plus la productivité est élevée, à salaire égal. Le modèle permet de vérifier un écart de 40 % entre la productivité d’un emploi en Seine-et-Marne (en grande couronne) et la productivité d’un emploi dans Paris.

Multimodalité pour fluidifier les déplacements

La multimodalité a pour but d’accélérer les trajets grâce au cumul et à l’alternance des modes de transport. Cela donne naissance à des offres de partage de véhicules ou encore de véhicules en libre service afin de faciliter les déplacements des citadins au quotidien. Par ailleurs, grâce au numérique, de nouveaux outils  et services permettent d’améliorer la régulation des flux et de fluidifier le trafic grâce à une analyse en temps réel.

On constate ainsi que 80 % des parisiens ont accueilli favorablement l’initiative Vélib’, et 69 % d’entre eux, le développement du tramway en ville. De plus, ils sont favorables à la limitation de l’usage de la voiture dans les centres-villes.

Innovation : des nouveaux services et technologies

De nombreux facteurs tels que la volonté de réduire les émissions de CO² ou l’engorgement des voies de circulation induisent la nécessité de créer des alternatives à la voiture individuelle. Il faut ainsi développer un bouquet d’offres permettant de desservir l’ensemble du territoire.

En 2020, plus de 50 milliards de données numériques seront en circulation. Le défi est d’utiliser ces données de manière intelligente. Ainsi plusieurs villes se lancent dans une politique d’Urban Data, afin de partager et d’exploiter l’ensemble des données produites dans le cadre urbain. L’exploitation de ces données et leur analyse en temps réel, permettront d’améliorer le réseau routier et la sécurité.

L’innovation suit deux grandes tendances : innover dans les infrastructures et les véhicules  ou repenser les flux et les capacités de transports en utilisant les différents moyens existants.

Nous avons vu plus haut que de nombreux outils et services numériques voyaient le jour afin de répondre à ces problématiques (et dont Weev est un exemple).

D’autre part, de nouveaux moyens de transports sont conçus dans les laboratoires et les entreprises. Citons par exemple les études sur les ruptures magnétiques visant à faire décoller du sol les modes de transports et accroître leur vitesse de déplacement. Ces avancées permettraient de contourner le problème de la mobilité de plus en plus congestionnée au sol. Citons également Airbus et son projet CityAirbus, qui a prototypé des taxis autonomes volants.

Pour une ville plus propre !

L’enjeu majeur de notre siècle est certainement de limiter le réchauffement climatique en maitrisant la consommation de carburants fossiles et en limitant la pollution urbaine. Ainsi la mobilité urbaine de demain se doit d’être écologiquement éthique, et prendre en compte les enjeux de santé publique et maitriser les gaz à effet de serre.

Des projets novateurs répondent à ces problématiques, telle que l’autoroute écologique. Il s’agit d’un projet d’autoroute à trois voies dans chaque sens, avec une barrière de protection centrale, des barrières anti-bruit latérales, des éclairages et des tunnels pour les animaux. Elles seraient également composées de matériaux naturels capables d’absorber le CO² et intégrées en harmonie avec leur environnement. Elles produiraient de l’énergie grâce à la récupération de la chaleur qui s’en dégage et des lampes LED fonctionnant à l’énergie solaire et éolienne permettraient d’avoir un éclairage de manière durable.

L’Union Européenne s’est également fixé des objectifs à atteindre afin de rendre la ville plus propre et moins polluée : réguler le trafic urbain, qui génère 40 % des émissions de CO2 et 60 % des autres émissions polluantes ; rendre la ville plus fluide et réduire le coût externe lié ; rendre les villes plus intelligentes.

Le rôle de la politique publique

Les individus ne prennent pas nécessairement conscience de la pollution et des désagréments engendrés par leurs déplacements. C’est pourquoi la politique publique doit agir pour modifier les comportements.

Des expérimentations de péages urbains se multiplient dans le monde et s’avèrent efficaces. Tous les pays ayant mis en place de telles infrastructures partagent des éléments en commun : ne pas être historiquement ou économiquement rattaché à l’industrie automobile ; avoir un contexte juridique solide ; avoir un trafic routier surchargé.

Pour conclure :

La mobilité du futur c’est permettre à chaque individu de  pouvoir se déplacer facilement, rapidement, à moindre coût, dans un confort acceptable, dans une logique porte à porte, n’importe où sur le territoire, quelques soit le lieu de départ et le niveau de motricité.

 

Sources :

JDN : http://bit.ly/1DueysK

La fabrique de la cité : http://bit.ly/2joB4Ew

Influencia : http://bit.ly/2bQacer

Image : http://fr.freepik.com Conçu par Freepik

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